La suite des choses


Pas facile de revenir sur Montréal après ça...
Nous sommes partis sans date de retour déterminée en sans objectif clair. L’idée générale; se rendre aux Bahamas et voir pour la suite. Puisque le bateau est officiellement une démocratie où Michel et moi avons 50% des votes et un droit de véto chacun il y a eu beaucoup de négociations dans les dernières semaines sur la suite des choses. Je dois reconnaitre qu’il y a eu des jours où j’aurais facilement versé dans la dictacture... mais au final, le processus de paix a réussi.

Dans l’immédiat, le consensus a fini par s’établir sur des faits. M a célébrer ses dix ans en avril et après avoir passé presqu’un an à la côtoyer quotidiennement nous avons pris note de ce qui doit être réparé, remplacé, amélioré ou modifié. La mer peut être dure, nous l’avons vu, et nous souhaitons qu’elle soit au top avant de penser aller plus loin. On n’arrête pas d’être exigeants parce qu’on déménage sur un voilier, bien au contraire…

Ainsi donc, nous avons d’abord considéré passer plus de temps aux Bahamas pour ensuite mettre le bateau en cale-sèche en Floride, un des seuls états qui accepte qu’un bateau étranger y demeure de façon prolongée tant que son cruising permit est en règle. Le problème de la Floride : c’est loin pour aller faire des travaux. De plus, il n’est pas question de trimballer des outils dans l’avion pas plus qu’il n’est question de conduire Montréal-Jacksonville plusieurs fois dans les prochains mois. De toute façon, pour l’instant nous développons tranquillement une intolérance au soleil; alors les Bahamas ou les Caraïbes pour la suite des choses, il faudra voir sérieusement. Je rêve présentement de ciel gris et de manches longues. Imaginez!

Nous avons donc regardé les états un peu plus au nord, hors de la zone des ouragans pour la compagnie d’assurance et un peu moins loin en voiture pour nous. Surprise! La Georgie, la Caroline du Sud, la Caroline du Nord et la Virginie impose une taxe foncière aux bateaux qui sont sur leur territoire au 1er janvier. Selon les états et les counties, les pourcentages varient; mais dans tous les cas il s’agit de plusieurs milliers de dollars à débourser – sauf à Virginia Beach qui a décidé d’arranger ça à la bonne franquette, mais qui ne convenait pas pour l’entreposage.

Il nous restait donc le Maryland et Annapolis, qui n’est pas trop loin de Montréal et que nous affectionnons particulièrement. Annapolis c’est un peu comme la maison pour nous et l’endroit est parfait pour accomplir des travaux. Mais le Maryland a aussi sa taxe pour les bateaux étrangers, une taxe d’usager (user’s tax) de 6% de la valeur du bateau si ce dernier est principalement utilisé dans les eaux de l’État. Il y a des exclusions pour un bateau qui est remisé pour de l’entretien fait par une marina – dans ce cas la loi est très précise – mais pas vraiment pour un bateau hivernisé pendant plus de 180 jours et sur lequel ce sont les propriétaires qui font les travaux. Nous avons donc contacté le Ministère des Ressources Naturelles, responsable de percevoir la taxe, pour clarifier la situation, mais notre courriel est resté sans réponse. Les marinas locales ne semblaient pas non plus vouloir se prononcer sur la question. Puisque nous n’avions pas vraiment envie de prendre un risque aussi dispendieux; c’est le Québec qui a finalement gagné.

La question de revenir par les Maritimes et le Fleuve s’est aussi posée, mais cela nous aurait forcé à quitter les Bahamas plus tôt et, mise à part la Marina Gosselin, nous n’avons pas vraiment trouvé d’endroit où sortir M de l’eau dans la région de Montréal. Ce sera donc la troisième fois en un an que nous passerons par la Hudson et le Canal Champlain. Nous nous en serions passés, mais il faut ce qu'il faut.

Nous devrions quitter les Abacos au courant de la semaine prochaine pour rentrer à Charleston en Caroline du Sud – un autre effet secondaire de la démocratie! – et poursuivre la route par la côte en trois ou quatre étapes jusqu’à New York. Cette première étape de 420 NM sera un bon test pour nous aider à décider du futur. Nous verrons bien si après trois nuits en mer je rêve de l’Europe ou de planter un vignoble sur la terre ferme; et si Michel s’ennui à mourir ou arrive à survivre sans Internet.

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