Georgetown par la Waccamaw River

La Caroline du Sud nous a offert ses premiers terrains de golf ce matin et, si vous voulez notre avis, les retraités se lèvent tard dans ce coin de pays. Nous n’avons vu personne sur les verts avant au moins 0930h. Il fait pourtant tellement beau. J’imagine que tout est relatif : pour nous c’est l’été, pour eux c’est l’hiver qui commence.

Il est près de 0800h et il n'y pas âme qui vive sur ce terrain de golf
Pine Island Cut dans le brouillard
La section de 3 milles surnommée Rock Pile est très jolie, mais sous la surface se cachent de dangereux rochers.
Cette section de l’Intracoastal est franchement intéressante. L’architecture change au fur et à mesure que nous avançons vers le sud. Ce matin, nous avons aperçu nos premières maisons d’inspiration « mission » avec les tuiles sur le toit, le revêtement en stuc et les clochers décoratifs. Je ne pensais pas voir ça en Caroline du Sud. Ce qui étonne le plus, c’est la quantité de maisons neuves ou très récemment construites dans la région. Tout est neuf, impeccable, la tourbe fraichement déroulée... Pas de crise immobilière dans le coin ces dernières années, c’est clair.

Une "toute petite" nouvelle construction
Même le pont a adopté le style mission
Après un peu de lèche-vitrine immobilier, nous sommes passés dans un autre monde. l’Instracoastal rejoint la Waccamaw River tout juste après la Pine Island Cut et, sur des milles et des milles, les colossales maisons sont remplacées par des forêts de cyprès et de chênes aux branches desquels de grands filaments de mousse sont agrippés. Un soir d’Halloween, l’endroit doit glacer le sang. Mais un après-midi d’Halloween, avec le soleil qui brille, c’est splendide! Plus loin sur la rivière, des champs de riz abandonnés bordent les berges, avec ici et là de grands arbres drapés de mousse. Vers 1840, la région produisait près de la moitié du riz cultivé aux États-Unis. Il y a un musée en ville, nous irons peut-être y faire un tour demain entre deux orages.

Dernier pont à faire ouvrir aujourd'hui...
et nous voilà dans Waccamaw River.
Vaut mieux passer ici en plein jour. La mousse donne un aspect mystérieux à la forêt.
Mystérieux, mais superbe!
Marais ou champ de riz abandonné? Depuis le temps, mère nature a repris ses droits.
Une autre petite résidence
Au sud de Butler Island
Georgetown est une petite ville vraiment jolie avec une rue principale, Front Street, en assez bonne santé financière par rapport à d’autres villages que nous avons visités. Halloween oblige, il y avait ce soir, des tas de petits monstres et sorcières qui déambulaient de boutique en boutique récupérant des bonbons chez les commerçants. Toute la ville devait être dans la rue! C’était étrange de voir des princesses en robe courte et des spidermans en t-shirt; chez nous il y a généralement un manteau d’hiver sous le costume et des pantalons sous la robe.

Pour se rendre à l’épicerie, c’est une autre histoire, beaucoup moins charmante celle-là. Il faut d’abord sortir du secteur historique et passer une usine d’Arcelor Mittal avec son chemin de fer. Oui, nous avons du attendre avec les voitures à un passage à niveau. C’est gros un train lorsque nous ne sommes pas dans une des voitures... Ensuite, il faut suivre un trottoir (au moins il y en un) qui borde une route à quatre voies où des camions de « pitounes » passent avec leur chargement de troncs d’arbre comme s’ils étaient sur une autoroute. Il y a une usine de pâte et papier en face de l’aciérie, c’est probablement ce qui explique que la ville se porte si bien. Finalement, nous arrivons à l’épicerie après qu’un gentil monsieur ce soit arrêté pour nous donner les directions. Ah le sud!

Une fois arrivés à la dite épicerie, nous sommes étonnés qu'il n’y ait pas une épidémie de scorbut en ville. La section des fruits et légumes est cachée dans un coin, toute petite, sans choix et sans fraicheur… J’ai au moins trouvé des pommes locales, c’est déjà ça de fait. Je devrai désinfecter les patates douces demain, il y avait pas mal de mouches qui tournaient autour dans l'étalage. Notre petite aventure fait spontanément germer deux questions dans ma tête : Comment être un piéton aux États-Unis et y survivre? Comment manger des légumes frais sans habiter un quartier huppé? Je n'ai de réponse pour aucune de ces questions.

En revenant, nous avons vu que la ville présentait un film d’animation au parc près de la marina pour l’Halloween. Nous serions bien restés, mais le lait et la crème ne pouvaient plus vraiment attendre. Le chemin du retour avait déjà été assez long comme ça.

Pas de film pour nous, mais nous aurons pu voir ce grand-duc...
et cette chouette de près. Assez de circonstance pour l'Haloween, n'est-ce pas?
Entre temps, M devait bien se sentir toute petite à son quai. Seul voilier de la marina, elle semble minuscule entre ses voisins; d’énormes yachts qui consomment d’énormes quantités d’essence. Nous avons l’impression d’être le dernier bungalow résistant au milieu d’un développement de tours à condos. Ce ne sont pas les rideaux des hublots de côté que nous avons fermés ce soir, ce sont ceux du roof et de la fenêtre panoramique sur le toit. Au moins, comme dit Michel : « entre nos deux mastodontes nous sommes bien protégés du vent. » Et il vente!

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