Luray Caverns

Depuis que je connais Michel, à chaque fois qu’il en a l’occasion, il me répète combien il aimerait retourner visiter une grotte. Malgré tous nos voyages, nous n’avons jamais réussi à organiser une visite. La plupart d’entre eux étant toujours trop courts ou dans une région peu propice à ces phénomènes géologique. Cette fois, les astres étaient finalement alignés. Nous avions du temps et les Appalaches à la frontière ouest de la Virginie en regorgent. À seulement 200 km d’Annapolis, nous serions fous de nous en passer. Surtout qu’avec l’essence à 3,26$ le gallon (0,86$ le litre) et les routes impeccables du coin, ça donne le goût de se promener un peu.

Je dois dire qu’à notre arrivée dans le stationnement, digne d’un Walmart par son gigantisme, j’étais très sceptique. L’endroit sentait l’attrape touriste à plein nez. Mais, si le magazine National Geographic a pris le temps de photographier Luray Caverns, je m’en remets à leur bon jugement… N’écoutant donc que mon désir de faire plaisir à Michel j’ai fermé les yeux en signant le reçu de caisse (48$ pour deux billets) et avons rejoins la file pour la prochaine visite guidée, située entre la boutique cadeaux et les toilettes, points stratégiques de toutes bonnes attractions touristiques. L’écran plat supposé nous instruire pendant notre attente mentionnait que la température moyenne de la caverne était de 54°F (12°C). En regardant les gens autour en tenue d’été, je me suis trouvée un instant à me demander pourquoi personne n’avait pensé à installer un rayon de chandails à manches longues juste à l’entrée de la boutique, au lieu de verres fumées… Assez de marketing; retournons à notre caverne.

Une fois les premières 70 marches derrière nous, nous apprenons que la caverne a été découverte en 1878 par cinq hommes de la région et que déjà à l’époque, ils ne cherchaient pas d’or ou de métaux précieux, mais bien une attraction touristique à développer. Mission accomplie messieurs, c’est encore un succès 135 ans plus tard.

Je m’attendais à devoir ramper de galerie en galerie, à marcher dans la boue, à traverser de petits ruisseaux; mais non. Tout est pavé, nettoyé, aménagé et sécurisé, notre guide passant autant de temps à nous dire de tenir la rampe qu’à nous expliquer telle ou telle formation géologique. Comme le dit si bien Michel : « C’est clair qu’on est aux États-Unis. Tout est si parfait, je n’ai même pas encore reçu une seule goutte d’eau sur la tête! ». Nous n’en recevront finalement aucune, pas plus que nous ne salirons nos sandales.

Mise à part l’impression de visiter un parc thématique à la Disneyland, je dois reconnaitre que la grotte est à couper le souffle. Tout est immense et pourtant chaque particule de carbonate de calcium est finement ciselée par des siècles, des millénaires, parfois même des millions d’années d’infiltration d’eau dans le sol. Les photos ne rendent malheureusement pas justice à l’immensité des chambres. Ce devait être fabuleux au 19e siècle lorsque les premiers visiteurs marchant les pieds dans la fine pierre au fond des canyons éclairaient les murs et les plafonds de leurs torches au kérosène.

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Dream Lake. En haut des stalactites, en bas, la réflexion sur l'eau du lac

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Dream Lake
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L’Halloween approchant, nous en avons profité au retour pour visiter un pumpkin patch. Comme l’espace est un peu limité à la maison, nous avons trouvé une citrouille de taille conséquente, soit de la taille d’une orange! Reste à voir si nous arriverons à la tailler et à en faire une lanterne. Nous nous sommes aussi gâté avec un sac de pommes fraichement cueillies dans le verger voisin. Ça fait changement des pommes « locales » de l’épicerie. À se rouler par terre, je vous dis.

pumpkin-citrouille

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Nous avons aussi réalisé l’impossible au pays du McDo et du Burger King, nous avons trouvé un diner on ne peut plus américain où les burgers sont encore faits avec de la vraie viande qui fait du jus dans le papier kraft de son emballage, les patates frites sont toujours coupées à la main et les milkshakes… fait avec de la frozen custard! Une spécialité locale d’une autre époque, mais qui résiste encore dans certains coins de la Virginie.
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Un vrai burger avec de vrais frites: http://www.spelunkerscustard.com/
Au retour, le Arlington National Cemetary était à l’agenda. Nous passions tout près alors pourquoi ne pas aller y faire un petit tour. Nous avons bien essayé, mais sans succès. Nous y étions pourtant. Par la fenêtre de la voiture, nous voyions les pierres tombales blanches alignées comme dans les films. Ne me demandez pas, par contre, où se trouvent l’entrée et le visitors center que trois millions de personnes visitent chaque année; ils doivent tous arriver en Metro. Moi qui croyais que ce lieu était le summum du patriotisme, qu’à des kilomètres à la ronde nous aurions des indications nous disant vous y êtes presque, tourné à droite. Mais après aujourd’hui je me demande s’ils n’essaient pas de le faire oublier…

Le site Internet fournit seulement un zip code en guise d’adresse et le GPS n’a aucun site du nom dans sa base de données (pourtant pas compliqué pourtant, il n’y a qu’un National Cemetary et il est là depuis un certain temps quand même). J’ai donc sélectionné un monument adjacent, certaine qu’un lieu aussi important pour le pays serait certainement identifié par une ou plusieurs de ces pancartes brunes réservées aux sites historique. Rien. Pas de pancarte, pas d’indication, pas de signe. Nous avons essayé le GPS du téléphone, mais par le temps que sa réception légendaire nous retrace sur la carte, nous avions déjà visité la guérite de la base militaire de Fort Mayer ainsi que le stationnement du Pentagone qui, à en croire les indications, était sans issu… Je me voyais déjà expliquant au sympathique agent de la CIA que nous essayions seulement de trouver la fichue entrée du cimetière… Sur notre droite, une pancarte avec un numéro de route quelconque. Nous avons sauté sur la première opportunité de sortir de là et nous sommes retrouvé sur le pont en direction de Washington. Nous avons donc fini la journée à Washington, sans regarder derrière.

Comments

  1. Michel, Caroline, Mais quelle belle visite. Magnifique. Continuez à nous faire voyager !

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  2. Je n'ai jamais pris le temps de le mentionner mais vous lire est un vrai délice. Il y a beaucoup de blogs de voyage mais vous avez une plume des plus remarquables!

    Bon vent!

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    1. Vraiment contente de savoir que vous appréciez. Je vais faire de mon mieux pour continuer à vous faire voyager sur le dos de ma plume;) Merci!

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