Quartiers d'été

Après être arrivés d’avance au Shelburne Shipyard, nous aurons finalement passé trois jours sur place, au lieu des quelques heures prévues. Le remplacement du gréement dormant se sera avéré une autre étape dans la série de surprises que M se plait à nous faire. Même si le remplacement est seulement préventif et était prévu depuis quelques mois, nous aurions pu faire sans les difficultés qui y ont été associées. Ainsi donc, quelques années de sel auront fait leur œuvre et auront rendu impossible le démontage de plusieurs composants, exigeant le remplacement de plus que ce que l’on aurait souhaité. Encore une fois, Fedex a fait une fortune avec nous et leur service « Next Day Air »… De plus, malgré la facture salée qui nous attendait, nous avons du faire une partie du travail pour aider à accélérer les choses; notre gréeure étant sur un échéancier serré avec un vol en début d’après-midi. Nous lui souhaitons quelques jours de bonheur avec sa nièce de trois ans qu’elle se mourrait de rencontrer pour la première fois! « You can’t hug someone over Skype » comme elle dit.

En début d’après-midi et le travail complété, il était temps de remettre le mât. Tout semblait parfait jusqu’à ce qu’on arrive à attacher les pataras. L’expression : un peu courts, est ici un euphémisme. Ça ne faisait tout simplement pas! On tente de reprendre de la tension à l’aide d’une drisse…  Toujours trop courts! Ces pièces arrivent pourtant directement de chez Bénéteau?! Nous avons encore quelque doute quand à la longueur du nouvel étais, qui a du être refait sur place, mais nous ne le saurons jamais. L’enrouleur du génois étant saisi en place, il était impossible de passer celui reçu pré-assemblé de chez le manufacturier. De plus, pas question de remplacer tout l’enrouleur. Une seule section tubulaire légèrement pliée nous aura couté plus de 200$ avant transport, imaginez le prix pour l’ensemble. Au moins, nous pensons avoir réglé le problème de génois que nous trainions depuis la Baie du Delaware.

Ainsi donc, après avoir installé des extensions sur les deux pataras (nous ne sommes plus à quelques dollars près) nous pouvons finalement quitter. Le ciel noir grondait à l’horizon depuis une bonne heure, mais semblait nous avoir évité et être passé à l’ouest du lac… C’est fou comme les choses semblent toujours acceptables lorsque l’on est pressé. La maman de Michel et son conjoint nous attendaient déjà à Plattsburgh pour nous ramener à la maison et nous avions encore 15 miles à parcourir. Pas de temps à perdre, ils avaient déjà assez attendus. Erreur. À mi-chemin entre Burlington et Plattsburgh, une nouvelle ligne d’orages s’est dressée au nord-ouest et nous avons eu la chance, ou la malchance, de la rencontrer très personnellement. Nous ne pouvons toujours pas expliqué comment nous avons échappé aux éclairs, étant la seule cible métallique de plus de 50 pieds de haut sur des miles à la ronde. Nous irons avec l’explication peu rationnelle que malgré tous nos soucis avec M, nous avons au moins un ange-gardien qui veille sur le bateau pour les choses sérieuses.

Au plus fort de l’orage, alors que nous avions moins de 100 pieds de visibilité tellement la pluie était dense, l’air est devenu aussi chaud que dans un four, c’était tropical! Expérience très étonnante à vivre. Nous avions déjà entendus parlés du phénomène par un ami, mais pour un instant, Michel a vraiment pensé que le moteur venait de prendre feu. Puis, après le déluge, le soleil. Deux magnifiques arcs-en-ciel se sont matérialisés sur notre tribord. Il ne manquait que la colombe et la branche d’olivier! Morale de l’histoire : pressés ou pas, on regarde la météo. Même si c’est JUSTE de l’autre côté du lac.

Nous sommes finalement arrivés à Plattsburgh vers 1830h pour trouver nos quartiers d’été. Décevant est le premier mot qui vient à l’esprit, mais c’était ça ou rien; les places sur le lac étant très contingentées. Nous ferons avec pour cette année et penserons sérieusement à un plan B et à un plan C pour l’an prochain. Le retour à Saint-Bruno pour récupérer la voiture a été le plus rapide de toute notre vie, c’est fou comme le paysage défile vite à 100 km/heure! 

Shelburne Shipyard
44°26’ N 073°16’
Essence et diesel, pumpout, conteneurs pour les déchets et le recyclage en haut et sur la gauche à partir du quai de service, récupération d'huile usée au même endroit, Wi-Fi gratuit près de la boutique – signal faible, douches payantes: 0,25$US pour 3 minutes (derrière le grand bâtiment gris qui abrite la boutique), pas de buanderie, boutique nautique et mini-dépanneur. Réparations, démâtage. Shelburne, VT. Mai-2013.

M sera bientôt réunie avec son mât 
On y est presque! 
Jusqu'à présent, tout va bien! Pas de photo de la suite...
C'est beau de loin!
Toujours aussi beau, mais sur la droite (hors caméra) ça se complique...

Il pleut si fort que les vagues sont aplaties
Ne manque que la branche d'olivier. Une branche d'épinette, ça fait pareil?

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